Un village? Mais non une capitale! Celle du vin d'Alsace. Joyeuse, alerte, bonhomme et savoureusement belle, qui mérite la redécouverte le temps d'une balade éblouie.
C'est une ville, hop là, comme en rêverait Alphonse Allais : bâtie à la campagne, avec sa plaine du Ried, les alluvions du Rhin, à sa porte, la ligne bleue des Vosges comme sentinelle et les rives de la Fecht et de la Lauch pour se mirer. Une ville? Pas si sûr, d'ailleurs.
Ginette Humbrecht, qui dirige avec son fils Olivier et son mari Léonard, le domaine le plus moderne des environs, dans la plaine de Turckheim, le dit en riant. " Je ne pourrais pas, comme ça, à Strasbourg, débarquer directement de mes vignes en bottes, en pleine-ville. On est le matin entre les ceps. Et là, d'un coup, on fait ses courses, sans se presser ". C'est dit: Colmar est une ville où on est à l'aise.
Les progrès, énormes, de l´Alsace viticole depuis quelques années se sont traduits par l´émergence de maisons qui la représentent avec fierté.
La plupart, viticulteurs, caves coopératives ou négociants, ont fait leur la règle des rendements réduits, soignant des cuvées sélectionnées, jouant des vendanges tardives et des grains nobles élaborées avec maîtrise, exploités des lieux-dits renommés classés " grands crus " (ils sont 51 en tout).